La centrale nucléaire de Belleville ouvre le premier resto-vapeur au monde dans une tour aéroréfrigérante

Publié le par LerrybéRit

La centrale nucléaire de Belleville ouvre le premier resto-vapeur au monde dans une tour aéroréfrigérante

L'At Home, c'est le nom d'un futur restaurant plutôt atypique qui ouvrira, à la centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire. Le premier resto-vapeur au monde, au sein d'une centrale qui manie l'uranium enrichi. A force de regarder ce panache blanc qui s'échappe des énormes tours aéroréfrigérantes et surtout, à force de soupirer sur cette énergie perdue, un ancien directeur de la centrale du Cher a longuement cogité sur son idée, quand l'heure de la retraite fut sonnée.

Une mauvaise image injustifiée

Pendant trois ans, Edouard Devivre, ingénieur en nucléologie, est un homme qui a roulé sa bosse, dans le monde de l'atome. Arrière, arrière petit neveu de Marie Curie,élève de la célèbre haute école de l'énergie atomique de Boston, le jeune diplômé défend sa thèse de doctorat sur "la cuisine moléculaire est-elle compatible avec l'énergie nucléaire?" A partir de cet instant, Edouard Devivre a mené de front ses deux passions : les centrales nucléaires et la cuisine. Mais, dès que cet éternel chercheur aux ambitions infinies a réussi à mettre au point son auto-cuiseur à énergie nucléaire, il a tout de suite su frapper aux bonnes portes. "Les centrales ont une mauvaise image surtout depuis Tchernobyl d'un côté et le tsunami au Japon de l'autre. Il faut réconcilier le citoyen avec les centrales nucléaires. Et cela passe par le plaisir culinaire."

EDF s'est laissé sésuire, avec on l'imagine des précautions hors du commun. Le restaurant l'AT Home, ouvrira ses portes en juin 2014, pour profiter de la saison touristique. Ce ne sera pas la première fois que la centrale de Belleville-sur-Loire servira de produit touristique. Mais là, les visites se prolongeront par un repas entièrement cuit grâce à la vapeur qui s'échappe des tours réfrigérantes. "Une cuisine saine" s'emporte Edouard Devivre, "et sans Becquerel", sourit le chercheur à la retraite. Un restaurant sera donc construit au sein même de la tour réfrigérante. Les convives, pas plus de trente par service, entreront par un sas sécurisé. Il ne faut pas oublier que nous sommes dans une centrale nucléaire, un lieu hautement protégé.

Un resto de grillades dans une aciérie

Une fois à l'intérieur, les convives auront le choix entre plusieurs menus, préparés à la vapeur. "Ce concept est si original qu'il pourrait se décliner dans d'autres branches. On peut imaginer un restaurant de grillades dans une aciérie ou une fonderie, par exemple. Après tout, la tradition voulait que l'on cuisine un gigot, pour finir un chantier, dans la chaleur du bitume, ce qu'on appelait jadis "le gigot-bitume". On sait aussi que les piscinistes préparent les meilleurs salades dans l'eau chlorée. Et que dire des paninis que certains rotativistes préparent sur les presses de grands quotidiens nationaux" souligne avec gourmandise Edouard Devivre.

Une filière spéciale est mise en place pour les denrées. Les convives en juin, auront droit à des poulets à cinq cuisses élevées à Kazibitz, un petit village d'agriculteurs, situé à vingt kilomètres de Tchernobyl. Sans parler des poissons géants de Fukushima qui brillent dans la nuit. Autant de spécialités que les convives de l'At Home sauront apprécier à leur juste valeur gustative. Le restaurant, en cours de construction, sera inauguré par le PDG d'ERDF, le ministère de l'industrie et du tourisme. Un numéro de l'émission Top Chef y sera également tourné.

Charles Hernut-Kléaire

Ce concept est si original qu'il pourrait se décliner dans d'autres branches. On peut imaginer un restaurant de grillades dans une aciérie ou une fonderie, par exemple. Après tout, la tradition voulait que l'on cuisine un gigot, pour finir un chantier, dans la chaleur du bitume, ce qu'on appelait jadis "le gigot-bitume". On sait aussi que les piscinistes préparent les meilleurs salades dans l'eau chlorée. Et que dire des paninis que certains rotativistes préparent sur les presses de grands quotidiens nationaux" souligne avec gourmandise Edouard Devivre.

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