"La Grande Môme", version érotique du Grand-Meaulnes, chinée dans une brocante

Publié le par LerrybéRit

"La Grande Môme", version érotique du Grand-Meaulnes, chinée dans une brocante

C'est une étonnante découverte qu'a ramené dans ses bagages, un chineur du Cher. Isidore Surledeau, 67 ans, est un passionné de brocante et de vide-greniers. Il se déplace à travers toute la France et écume salles des ventes, marchés aux antiquités, brocantes de villages et le moindre vide-greniers de quartier. Il y a un mois et demi, Isidore Surledeau se trouve à Toulouse, où des amis l'y ont invité. Près de l'église Saint-Pierre se tiennent quelques bouquinistes.

Isidore consulte quelques ouvrages et dans un carton, à la volée, sont jetés des manuscrits que le vendeur estime sans importance. Isidore en consulte trois ou quatre lorsqu'il tombe sur "La grande Môme", un manuscrit qui, dès les premières lignes, lui rappellent un livre qu'il a lu de nombreuses fois.... Il feuillette les pages une à une et quand il tombe sur la scène de la fête étrange, cela ne fait aucun doute : il tient entre ses mains un manuscrit inédit du Grand Meaulnes d'Alain Fournier... Tout en cachant son enthousiasme et sa nervosité face à cette découverte, il demande le prix du manuscrit, chine un peu pour donner le change er repart avec son tas de feuilles pour... 25 euros.

Manuscrit inédit

Une fois rentré chez ses amis, il s'activité à lire de plus près de la première à la dernière page... S'il s'agit bien du Grand Meaulnes, dans son histoire et le respect du déroulé du récit, certains passages sont écrits d'une façon... osée, se dit dit Isidore. Entre les rêves de l'adolescent, le récit de la fête étrange, Yvonne de Galais, tout laisse à penser à Isidore que cette version-ci du Grand Meaulnes d'ailleurs baptisée "La grande Môme" n'a jamais été mise entre les mains du public.

Et pour cause. La mention interdit aux moins de 18 ans aurait été plus que nécessaire... Isidore Surledeau compare alors son manuscrit acheté sur la brocante avec l'original qu'il se procure dans une librairie toulousaine. Il en fait une comparaison précise et convient que le récit de la Grande Môme, nest ni plus moins, le Grand Meaulnes, version adulte... En retirant les passages inédits, Isidore retrouve le récit initial....

Lettre d'une amie

Mais c'est en détaillant le manuscrit que le chineur découvre, entre deux pages reliées entre elle, une lettre signée de... Marguerite Audoux. La petite couturière des lettres, originaire de Sainte-Montaine, dans le Cher, prix fémina pour son roman Marie-Claire, était une amie d'Alain Fournier. Il s'agit de la réponse de Marguerite Audoux à l'interrogation de son amie, à propos de sa version du Grand Meaulnes. Il y est écrit : "vous me voyez troublée à la lecture d'un tel récit. Gardez-le au fond de vous comme l'ombre de votre intimité. Et laissez entrer la lumière du récit, soustrait à vos rêves les plus fous. La lecture n'en sera que plus fluide et l'accueil de votre roman plus doux. Une amie. M.A"

Isidore Surledeau, revenu dans sa maison du Cher-Nord, a fait expertiser le manuscrit et la lettre qui l'accompagnait. Pour l'instant, rien n'a pu être authentifier. Si c'était le cas, cette découverte exceptionnelle montrerait sous un nouveau jour l'oeuvre que reste le Grand Meaulnes, et le grand auteur que reste Alain Fournier.

Gontrand de la Chapelle d'Angillon

Vous me voyez troublée à la lecture d'un tel récit. Gardez-le au fond de vous comme l'ombre de votre intimité. Et laissez entrer la lumière du récit, soustrait à vos rêves les plus fous. La lecture n'en sera que plus fluide et l'accueil de votre roman plus doux. Une amie. M.A

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