La vie des Berruyers : un long métrage monté avec les bandes des caméras de surveillance

Publié le par LerrybéRit

La vie des Berruyers : un long métrage monté avec les bandes des caméras de surveillance

L'idée est originale, même si on imagine qu'elle fera grincer des dents... Jean-Paul Houstou, réalisateur de films à la marge, a contacté la mairie de Bourges pour racheter les droits de toutes les bandes issues des caméras de surveillance de la ville. Le but : monter un long-métrage d'une heure quarante-cinq minutes, intitulé "La vie des Berruyer". Jean-Paul Housou aurait pu demander à d'autres villes, bien plus grandes, telles que Tours, Marseille, Paris même, mais il a souhaité conserver une dimension raisonnable du quotidien de celles et ceux qu'il veut mettre en scène.

"C'est un travail cinématographique mais aussi un travail ethnologique. Sur l'ensemble d'une année civile, de janvier à décembre, le regard des caméras de surveillance possède à la fois ce côté figé et ce côté changeant, tout autant dans la journée qu'au fil des saisons." Le réalisateur possède d'ores et déjà des milliers d'heures de vidéo. Il va privilégier les plans larges, de façon à ne pouvoir, sur le film, n'identifier personne en particulier, tout cela dans le cadre du respect de la vie privée.

Vision globale de la ville

L'oeil des caméras a forcément saisi des moments forts de la vie locale. "Ce qui m'intéresse, c'est surtout une vision globale de la ville, le jour, la nuit, l'été, l'hiver. Une façon de montrer aux Berruyers l'envers de leur propre décor." En cas de ltige, le floutage sera systématique, ou la scène sera coupée au montage. "Tout est intéressant" note le réalisateur. "Aussi bien le mouvement que l'inertie d'un lieu. Bien sûr, les caméras de surveillance ont été placées à des endroits stratégiques qui génèrent des flux. Nous allons aussi travailler en image très accélérées pour obtenir sur trente seconde, l'équivalent d'une semaine totale sur un endroit précis."

Pas de dialogue bien sûr, mais de la musique, des commentaires, des textes en rapport avec la ville. Plusieurs auiteurs travaillent sur la première mouture du film. "Ce film est une première en France qui va à l'encontre de ces scènes furtives, zappées en permanence. Il s'agit de vivre une expérience in-vivo dans une ville avec ses habitants, acteurs malgré eux." Le film sortira d'abord dans les cinémas du Cher avant de sortir en France, en décembre 2014 Le film a été sélectionné au festival de Cannes et au prochain festival des documentaires de Cavaillon. Jean-Paul Houstou envisage d'exporter son idée à New-York. Un tryptique de deux heures chacun est envisagé. "Là, nous touchons une dimension inimaginable du mouvement et du temps. Bourges à côté, c'est la petite aiguille. New-York la trotteuse."

Tout est intéressant" note le réalisateur. "Aussi bien le mouvement que l'inertie d'un lieu. Bien sûr, les caméras de surveillance ont été placées à des endroits stratégiques qui génèrent des flux. Nous allons aussi travailler en image très accélérées pour obtenir sur trente seconde, l'équivalent d'une semaine totale sur un endroit précis.

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