Une enseigne de sirop le rend fou, il contracte une maladie incurable

Publié le par LerrybéRit

Une enseigne de sirop le rend fou, il contracte une maladie incurable

L’histoire de Richard est déroutante. À force de voir le nom de la célèbre enseigne depuis l’autoroute A71, il est en proie à une maladie grave et rare : il achète et vide des dizaines de bouteilles de sirop Monin dans son sommeil, depuis deux ans. Un drame qui touche une famille entière. Richard a 35 ans. Cet habitant de Bourges est un « commercial » qui enchaîne les déplacements professionnels sur Paris chaque semaine, depuis trois ans. L’enseigne des sirops Monin, visible depuis l’autoroute A71, à l’entrée de la ville, l’a rendu fou. Contacté par notre rédaction, il a décidé de raconter son histoire hors du commun.


Tout commence en septembre 2011. Après une promotion, Richard doit faire un aller-retour par semaine dans la capitale. Installé à Bourges avec sa femme et ses deux enfants âgés de moins de 10 ans, il prend la décision de faire le trajet en voiture. « Je pars le mercredi matin, vers 6 heures 30, pour arriver dans la capitale vers 9 heures. Le vendredi soir, à 18 heures, je suis chez moi. »

Les lettres du sirop dans ses rêves

Mais il va vivre une expérience déroutante, au fil des semaines : « À chaque fois que je rentre sur Bourges, par l’A71, je passe devant l’enseigne des sirops Monin, visible depuis l’autoroute. J’y jette un œil à chaque fois, par réflexe. » Il ne pense pas, alors, que ce simple coup d’œil allait prendre des proportions impensables. « Au bout de quelques semaines, je me mettais à voir, dans mes rêves, les lettres de l’enseigne. Je n’y faisais pas attention au début, mais c’est ensuite devenu complètement dingue. » En janvier 2012, alors que Richard croise l’enseigne lumineuse sur l’autoroute depuis plusieurs mois, il passe une nuit traumatisante. « Arrivé chez moi, lorsque je me suis couché, j’ai rêvé que je découvrais un monde où tout n’était que sirop de Monin… L’eau était du sirop barbe à papa, l’océan du sirop chocolat blanc, la pluie du sirop crème brûlée. »

Un simple cauchemar ? Non. Richard tremble encore en racontant la suite des événements. « Le lendemain matin, je me sentais mal réveillé. J’ai préparé le petit-déjeuner pour ma femme et mes deux enfants âgés de 8 ans, comme chaque samedi matin. Je ne faisais pas attention à ce que je faisais, jusqu’à ce que ma femme m’interpelle. » Et pour cause. Sans s’en rendre compte, Richard avait été faire des courses au saut du lit, dans une grande surface située à proximité de son domicile, pour
acheter de nombreuses bouteilles de sirop Monin. Avant de composer le petit- déjeuner familial uniquement des différents liquides. « J’ai servi du sirop de praline à mes enfants, au lieu d’un chocolat chaud, du sirop tiramisu à ma femme au lieu d’un traditionnel café, et je m’étais versé du sirop spéculoos dans ma tasse. »

Son cerveau s'est auto-persuadé

Richard se rend chez son médecin traitant dans la foulée, que nous avons pu contacter, hier. Son verdict est terrible : « Monsieur Richard P. souffre d’une Monitite. À force de voir, chaque semaine, l’enseigne Monin sur l’A71, son cerveau s’est auto-persuadé qu’il avait besoin de boire ce sirop, encore et encore, pour satisfaire son organisme. » Il en est devenu somnambule.« Il n’existe malheureusement pas de médicament contre la Monitite », rajoute le médecin.

Obligé de faire, encore et toujours, ses allers-retours entre Bourges et Paris, Richard souffre de plus en plus de sa maladie. « J’ai pris quinze kilos en deux ans. Chaque fois que je rentre à la maison, je suis somnambule et vais m’acheter une dizaine de bouteilles de sirop de tous les parfums, le samedi matin, puis je les vide en l’espace de quelques minutes. » Une consommation contre laquelle il est impossible de lutter, pour l’heure actuelle. « Ma femme a essayé de me réveiller, de m’empêcher d’acheter les bouteilles, de les briser avant que je puisse les boire entièrement. Elle a même appelé les policiers une fois, mais rien n’y fait, je ne me réveille pas avant d’avoir fini la dernière goutte de la dernière bouteille de sirop."

Son médecin s’avoue « très inquiet » de la situation de Richard. Mais ne désespère par de trouver un remède, dans les années qui viennent : « J’ai contacté des scientifiques, des bureaux de recherche et le ministère de la Santé, explique le médecin berruyer. Nous ferons tout ce que nous pourrons pour aider Richard. Vous imaginez ce que doit supporter son organisme lorsqu’il ingurgite des litres de sirop de tarte aux pommes, de pain d’épices, de macaron ou de fraise bonbon, en quelques minutes, chaque samedi matin ?

Nadine Greux

Ma femme a essayé de me réveiller, de m’empêcher d’acheter les bouteilles, de les briser avant que je puisse les boire entièrement. Elle a même appelé les policiers une fois, mais rien n’y fait, je ne me réveille pas avant d’avoir fini la dernière goutte de la dernière bouteille de sirop.

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